André qui riait, Louison qui pleurait, voilà ce qui suivit aux alentours de la ligne d’arrivée dans l’attente de la décision officielle.
« C’est un scandale, répétait Louison Bobet, terriblement excité par ce qu’il considérait comme une injustice. Par deux fois, André a coupé mon effort final. Comment ai-je conservé l’équilibre, je me le demande. Je dépose une réclamation. »
« Je ne voyais plus rien, expliquait Darrigade. Parti de trop loin, je ne pouvais plus terminer le sprint. Si j’ai gêné Louison, je ne m’en rendais pas compte, et je ne pense pas qu’on puisse me le reprocher. »
Pour avoir assisté à cet emballage, notre opinion n’avantage en rien ni l’un ni l’autre des deux hommes. Déclasser Darrigade eut été sévère, mais donner tort à Bobet l’est tout autant.
Robert Chapatte in Miroir-Sprint n°472 du 27 juin 1955