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Dans le rétro

      • Plouay: le bonheur depuis 1931

      • Grâce aux frères Chemillé - retrouvez la présentation de leur ouvrage dans notre rubrique "fou d'vélo"- revenons sur les plus belles années du GP de Plouay.
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      • 1937. Jean-Marie Goasmat, superstar bretonne


        Si le Grand Prix de Plouay est devenu, au fil des décennies, la course cycliste la plus prestigieuse de Bretagne, elle le doit d’abord aux champions bretons des années 1930. Trois hommes ont contribué à « lancer » Plouay : Pierre Cogan, Jean-Marie Goasmat et Pierre Cloarec.


        « Le Farfadet de Pluvigner »


         

        Jean-Marie Goasmat remporte l’épreuve en 1937. Surnommé le « Farfadet de Pluvigner » ou « Adémaï », ce fils de paysans morbihannais est un phénomène. Chétif (1 m 62 pour 55 kg), il s’affirme pourtant comme un rouleur-grimpeur exceptionnel. Vainqueur, à 23 ans, de l’étape de Briançon du Tour de France 1936, il devient aussitôt l’icône sportive du peuple breton.

        Sa popularité est gigantesque, inimaginable aujourd’hui. En 1937, sa présence à Plouay impose à la Compagnie des chemins de fer du Morbihan de prévoir plusieurs trains spéciaux pour acheminer ses supporters. Tout le monde veut voir Jean-Marie. Jean-Marie veut, quant à lui, gagner. Vainqueur deux jours plus tôt du Circuit de l’Ouest (une épreuve par étapes de la valeur de Paris-Nice), il réussira une course parfaite aux côtés de Robert Oubron (un as parisien de l’époque) avant de s’imposer au sprint.


        Demi-dieu porté en triomphe


        Sa victoire est l’un des succès populaires les plus fous de l’histoire du Grand Prix. A peine la ligne franchie, il se trouve hissé sur de robustes épaules avant d’être porté en triomphe. Chacun veut toucher le demi-dieu et lui manifester son admiration par une « bourrade » de sympathie. Si bien que le Farfadet faillit être emporté par un raz-de-marée populaire. Il fut heureusement « sauvé » par les dirigeants de l’UC Auray et du VS Lorient qui parvinrent à escamoter le héros et le dérober aux folles caresses de la foule.

        Leader de l'équipe de France du Tour de France 1938, Jean-Marie Goasmat vit sa dimension encore grandir lorsqu’il lutta contre l’Italien Bartali. Hélas, effrayé par les descentes des cols, il y perdait tout l’avantage engrangé dans les ascensions. Ses meilleures années anéanties par la Seconde Guerre mondiale, il continua sa carrière jusqu'en 1951. Il fut notamment un équipier de luxe du Morbihannais de Radenac, Jean Robic, lors de sa victoire dans le Tour de France 1947, Tour qu’« Adémaï » boucla à la 9e place…