ContactPlan du site
      • logo sportbreizh.png
Dans le rétro
      • Un « Plouaysien » s’en est allé…

      • Ce n’est pas que le vainqueur des Tours de France 1983 et 1984 qui s’en allé en cette si belle journée ensoleillée de fin d’été. Pour le public breton, Laurent Fignon c’était aussi l’homme de Plouay. Le Champion de France de Plouay. Tout au long de sa carrière, ce Parisien aux petites lunettes n’a jamais laissé le public plouaysien indifférent. Il y a eu de la passion et puis un hommage vibrant et plein d’émotion à l’occasion de ses adieux sportifs en 1993.
      • Le podium 1984 avec l  infortune Pascal Poisson.JPG
      • Le premier au Lezot
         
        C’est en 1982, à 22 ans, que Laurent Fignon a découvert la folle ambiance de Plouay. Drivé par Cyrille Guimard, alors DS des « guêpes » de Renault-Gitane, il y fit ses gammes aux côtés des Marc madiot, Martial Gayant, Greg Lemond, Pascal Jules, Pascal Poisson… Vainqueur du Tour de France 1983, il est un mois plus tard à Plouay. 70.000 personnes sont au rendez-vous. Fignon est au centre de l’attention, la fête est magnifique.
         
        Ces premières approches n’étaient que le prémice du championnat de France 1984. Ce fut pour lui l’appothéose avec ce titre de champion gagné sur la plus mythique des arrivées plouaysiennes, en haut du Lezot. Inaugurée cette année-là, il fut le premier à franchir en vainqueur cette ligne prédestinée. Cette victoire fut cependant mal comprise par une partie du public puisqu’il avait rejoint dans le dernier tour son équipier Pascal Poisson parti en solitaire. Voyant que le Breton était au bout du rouleau, Guimard laissa Fignon jouer sa carte. Poisson termina 20e mais partagea le triomphe de son ami en montant sur le podium à ses côtés.

        Les adieux en 1993
         
        Par la suite, Laurent Fignon revint régulièrement à Plouay. S’il n’y était pas chaque année, quand on le voyait au départ c’était généralement pour préparer le championnat du monde couru cinq jours après le Grand Prix. Sa sélection logiquement en poche avant même le départ de la course, il vivait Plouay comme un ultime test avant le rendez-vous arc-en-ciel. Sans ambition sportive, il ne se battait pas pour la victoire préférant garder du jus… Cela laissait parfois perplexe le public, mais c’était finalement bien compréhensible.
         
        En 1993, Laurent Fignon, ayant depuis 1984 toujours Plouay dans un coin de son cœur, décida de faire ses adieux au public français lors du Grand Prix de Plouay. Portant les couleurs de l’équipe italienne Gatorade, il vint seul, sans un seul équipier, en Bretagne. Il épingla le dernier dossard de la liste des engagés, le n°148, et disputa sa dernière course. Discrètement il boucla la boucle devant une foule record de 300.000 spectateurs (chiffres de la Gendarmerie). Le public n’avait pas oublié son Champion de France. Ces adieux magiques ne pouvaient lui alisser aucun regret. De l’autre côté de la barrière, il resta l’homme incontournable du monde cycliste que l’on a connu jusqu’à cette terrible journée de fin août.

        Dans le peloton du ciel
         
        A Plouay aussi on pleure Laurent Fignon, dernier héros d’une trop longue liste de champions « Plouaysiens » disparus depuis quelques mois. On espère qu’il pédale tranquillement dans le peloton du ciel avec Zinaida Stahurskaya (championne du monde 2000 de Plouay, tuée par un chauffard, à 38 ans en juin 2009), Franck Vandenbroucke (vainqueur du Grand Prix 1996, disparu à 34 ans en octobre 2009)  et ce bon vieux Ugo Anzile (vainqueur du Grand Prix 1954, parti à 79 ans en avril dernier)…
         

        Damien Chemillé