Ses débuts
Ses parents sont des métayers installés dans la Creuse avant de gagner Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne), qui devient sa terre d'adoption. André Marquet, un marchand de cycles de Sauviat-sur-Vige, offre à Poulidor un demi-course pour ses 16 ans. Jusque-là, il s'est servi du vélo de sa mère. Ses frères ainés, Henri et André, avaient déja des licences, mais Raymond butait sur l'opposition de sa mère que les nombreuses chutes dans le peleton local effrayaient. En dépit de cette opposition, il a pris sa première licence auprès de « La pédale marchoise », dont le siège se trouvait à Montboucher. Il participe à sa toute première course en 1952 à Saint-Moreil. Il termine septième, tandis que son frère Henri l'emporte.
Sa carrière
Il est entré dans la légende en tant que «l' éternel second » du tour et de Jacques Anquetil dans les années 1960 puis d'Eddy Merckx dans les années 1970. Légende née d'exploits inachevés et d'infortunes rencontrées dans le Tour de France. Mais légende erronée au regard de nombreux succès majeurs. Au XXe siècle, il est l'une des personnalités les plus populaires en France. Au début du XXIe siècle, « Poupou » déclenche encore des applaudissements nourris lors de ses passages au sein de la caravane du Tour de France.
Cycliste professionnel entre 1960 et 1977. Il a ainsi pu courir avec Louison Bobet, Jacques Anquetil, Eddy Merckx et Bernard Hinault. Il est en contrat avec « Cycles Mercier » durant toute sa carrière, sous différentes dénominations : « Mercier-BP » (1960-1967), « Fagor-Mercier » (1970-1971), « Gan-Mercier » (1972-1976) et « Miko-Mercier » (1977).
La rivalité Jacques Anquetil - Poulidor est l'une des grandes oppositions du sport français. Avec en point d'orgue un combat coude à coude sur les pentes du Puy de Dôme dans le Tour 1964. La rivalité avec Merckx intervient dans la seconde partie de la carrière de Poulidor, trentenaire puis quadragénaire, ou quadragêneur selon Antoine Blondin. « Poupou » l'emporte à Paris-Nice en 1972 mais s'incline dans le Tour 1974 malgré une victoire au Pla-d'Adet.
Vainqueur de 189 courses dont Milan-San-Rémo, la Vuelta, les Nations etc., il est classé n°1 mondial en 1964, Raymond Poulidor n'a jamais remporté la Grande Boucle en 14 participations, ni même porté le maillot jaune serait-ce une journée. Il échoua à 14 secondes du maillot jaune au sommet du Puy de Dôme en 1964, ou encore à 8/100 de seconde lors du prologue de 1973.
Ses inconditionnels affirment qu'il aurait dû gagner au moins 3 Tours de France, sans les chutes et crevaisons en 1964, le secours « étonnant » d'Anglade à Gimondi dans le Ventoux en 1965, et surtout la moto qui le renversa en 1968, le contraignant à abandonner à Aurillac alors que la victoire lui était promise. Il détient cependant le record du nombre de podiums sur la grande boucle (8) et remporta plusieurs victoires d'étapes dans la plus grande adversité.
Puncheur de très haute lignée, très bon rouleur, il a gagné sur tous les terrains. Selon Antonin Magne, son premier directeur sportif, il ne pouvait y avoir de gloire sans vertu. Poulidor ne fut jamais suspecté de dopage en 17 ans de carrière.
En 2004 sont sorties ses mémoires Poulidor par Poulidor avec la complicité de Jean-Paul Brouchon et la préface d'Eddy Merckx.
En 2008, il accepte de devenir, après Henri Desgrange et Jacques Goddet, le 3e président d'honneur des Audax.
Palmarès
Championnat de France 1961, Critérium National 1964, 1966, 1968, 1971 et 1972
Classiques : Milan San Rémo 1961, Flèche Wallonne 1963, Week End ardennais 1963
Courses par étapes : Tour d'Espagne 1964, Paris-Nice 1972 et 1973, Dauphiné 1966 et 1969, Semaine Catalane 1971, Midi Libre 1973
Plus de 40 victoires d'étapes
Contre-la-montre : Grand prix des Nations 1963, Grand prix de Lugano 1963, Mont Faron 1961 et 1966
Courses de côtes : Montjuich 1965, 1967 et 1968, À travers Lausanne 1967
Classements : Super-Prestige 1964, Prestige 1964, 1966, 1969 et 1972
2e du Tour de France 1964, 1965 et 1974, 2e du Championnat du monde 1974, 2e du trophée Baracchi 1966, 2e de Tours-Versailles 1976
3e du Tour de France 1962, 1966, 1969, 1972, 1976, 3e du Championnat du monde 1961, 1964, 1966, 3e du Tour de Lombardie 1966 et 1967, 3e de Liège-Bastogne-Liège 1968
Classements
Super-Prestige Pernod : 1964
Mendrisio d'Or : 1974
Challenge Yellow (Sédis): 1961, 1963, 1964, 1966, 1969, 1972, 1973
Prestige Pernod : 1964, 1966, 1969, 1972
Promotion Pernod (-25 ans): 1960, 1961
Champion des champions français L'Équipe : 1974
Courses par étapes
Tour d'Espagne : 1964
Paris-Nice : 1972 (devant Merckx), 1973
Critérium du Dauphiné libéré : 1966, 1969
Semaine catalane : 1971
Grand Prix du Midi Libre : 1973
Critérium National (triptyque) : 1964, 1966
Escalade de Montjuich : 1965 (devant Bahamontes), 1967, 1968 (devant Ocana)
Étoile des espoirs : 1971
7 victoires d’étapes sur le Tour de France : Aix-les-Bains 1962, Luchon 1964 (distance Anquetil), Châteaulin 1965 (c.l.m.), Mont Ventoux 1965 (distance Gimondi), Vals-les-Bains 1966 (c.l.m. bat Anquetil), Parc des Princes 1967 (c.l.m.), Pla-d'Adet 1974 (distance Merckx)
6 victoires d’étapes sur le Critérium du Dauphiné libéré : 2 étapes 1964, c.l.m. 1966, 2 c.l.m. 1969, Vals-les-Bains 1974 (c.l.m.)
5 victoires d'étape de l'Escalade de Montjuich : 1965 (c.l.m. et en ligne), 1967 (c.l.m.), 1968 (c.l.m. et en ligne)
4 victoires d’étapes sur le Tour d'Espagne : Valladolid 1964 (c.l.m.), Col de Pajares 1965 (c.l.m.), San Sébastien 1965, Vitoria 1967 (c.l.m.)
4 victoires d’étapes sur Paris-Nice : Porto Vecchio 1964, l'Ile Rousse 1966 (c.l.m. bat Anquetil), 1re étape 1969 (c.l.m. bat Merckx), col d'Eze 1972 (c.l.m. bat Merckx)
4 victoire d’étapes sur le Critérium National (course de côte en 1963 et 1965, c.l.m. en 1964 et 1966)
3 victoires d’étapes sur la Semaine catalane (2 c.l.m. 1970, Montjuich c.l.m. 1972)
2 victoires d’étapes sur le Circuit du provençal (Mont Ventoux 1964 et 1965)
Prologue du Tour de Romandie (1974)
1 victoire d’étape des Quatre jours de Dunkerque
1 victoire d’étape de l'Étoile des espoirs
1 victoire d’étape sur le Tour du Sud-Est (Carpentras 1960)
1 victoire d’étape du Tour de Belgique
1 victoire d’étape de Paris-Luxembourg
1 victoire d’étape du Tour du Pays Basque
1 victoire d’étape du Tour du Limousin
1 victoire d'étape de la Polymultipliée : 1968 (c.l.m.)
1 victoire d'étape du Trophée des Cimes : 1977 (c.l.m.)
Classement du meilleur grimpeur de Paris-Nice : 1962
Classement du meilleur grimpeur du Critérium du Dauphiné libéré : 1974
Classement du meilleur grimpeur de la Semaine catalane : 1971
Classement du meilleur grimpeur du Tour du Pays Basque : 1969
Courses en ligne et contres la montre
Milan-San Remo : 1961
Flèche Wallonne : 1963
Week-End ardennais : 1963
Championnat de France : 1961
Critérium National en ligne : 1968, 1971, 1972
Grand Prix des Nations (c.l.m.) : 1963
Grand Prix de Lugano (c.l.m.) : 1963
Mont Faron (c.l.m.) : 1961, 1966
Critérium des As (derny) : 1972
À travers Lausanne (course de côte) : 1967 (devant Merckx)
Bol d'Or des Monédières : 1963, 1967
Arrate (course de côte) : 1966, 1968
Mont Chauve (course de côte) : 1972
Nice-Seillans (tour du haut-var) : 1969
Bordeaux-Saintes : 1960
Critériums (115 victoires)
Prix de Saint-Claud : 1969
Critérium de Callac : 1965, 1972
Critérium de Châteaulin : 1967
Course à l'américaine de l'Omnium de Cherbourg : 1974 (avec Patrick Sercu)
Cyclo-cross de Fontenay-sous-Bois : 1966 (avec Jean Graczyk, vice-champion olympique de poursuite par équipes en 1956 et Lauréat du Super Prestige Pernod 1960)
Deuxièmes places
2e du Tour de France : 1964, 1965, 1974
2e du classement du meilleur grimpeur du Tour de France : 1963
2e du Tour d'Espagne : 1965
2e du Championnat du monde sur route : 1974
2e du Super-Prestige : 1961, 1972
2e du Prestige : 1962, 1963, 1965, 1968, 1970, 1973, 1974, 1976
2e du Milan-San Remo : 1964
2e de la Flèche Wallonne : 1972
2e de Tours-Versailles : 1976
2e du Paris-Nice : 1966, 1969
2e du Critérium du Dauphiné libéré : 1964, 1965, 1974
2e du Grand prix des Nations 1969
2e du Championnat de France 1965
2e du Critérium National : 1963, 1965, 1967
2e du Trophée Baracchi: 1966 (avec Georges Chappé)
2e du Tour du Pays Basque : 1971
2e de Nice-Mont Agel : 1960
Troisièmes places
3e du Tour de France : 1962, 1966, 1969, 1972, 1976
3e du classement du meilleur grimpeur du Tour de France : 1962, 1964, 1967
3e du Championnat du monde sur route : 1961, 1964, 1966
3e du Super-Prestige : 1963, 1966
3e du Tour de Lombardie : 1966, 1967
3e sur Liège-Bastogne-Liège : 1968
3e du cyclo-cross de Mazé : 1967 (avec Graczyk)
Résultats sur le Tour de France
Tour de France 1962 : 3e du classement général et vainqueur d’une étape (Aix-les-Bains)
Tour de France 1963 : 8e du classement général et 2e du classement du meilleur grimpeur
Tour de France 1964 : 2e du classement général et vainqueur d’une étape (Luchon)
Tour de France 1965 : 2e du classement général et vainqueur de deux étapes (Châteaulin c.l.m., Mont Ventoux)
Tour de France 1966 : 3e du classement général et vainqueur d’une étape (Vals-les-Bains c.l.m.)
Tour de France 1967 : 9e du classement général et vainqueur d’une étape (Paris c.l.m.)
Tour de France 1968 : Abandon 16e étape
Tour de France 1969 : 3e du classement général
Tour de France 1970 : 7e du classement général
Tour de France 1972 : 3e du classement général
Tour de France 1973 : Abandon 13e étape
Tour de France 1974 : 2e du classement général et vainqueur d’une étape (Pla-d'Adet)
Tour de France 1975 : 19e du classement général
Tour de France 1976 : 3e du classement général
Résultats sur le Tour d'Espagne
Tour d'Espagne 1964 : Vainqueur du classement général et vainqueur d’une étape (c.l.m.)
Tour d'Espagne 1965 : 2e du classement général et vainqueur de deux étapes (deux c.l.m.)
Tour d'Espagne 1967 : 8e du classement général et vainqueur d’une étape (c.l.m.)
Tour d'Espagne 1971 : 9e du classement général
Décoration
Chevalier de la Légion d'honneur : 25 janvier 1973
Audax : n° 75.000
Citations
À propos du Tour de France 1971, auquel il n'a pas participé : « Je le précédais afin de reconnaître le parcours et de donner mes impressions à un poste de radio. Mais jamais je ne me suis senti si étranger à mon milieu qui est celui du vélo et de la compétition. » (source : L'équipe Cyclisme, juin 1974).
Anecdotes
Raymond Poulidor n'a jamais porté le mailllot jaune ni celui à pois (créé en 1933), mais il a revêtu le maillot vert à l'occasion de la première étape du Tour 1973 ayant terminé second du prologue. Les photos de poupou en meilleur sprinter du Tour sont un collector.
Il n'aurait pas pu porter le maillot blanc du meilleur jeune (s'il avait existé dans les années « 60 ») car il avait déjà 26 ans lors de sa première participation au Tour, ayant dû faire 2 ans et demi de service militaire avant d'engager sa carrière professionnelle.
Il est le onzième cycliste à monter sur le podium d'une étape du Tour de France au moins 10 ans après une première victoire d'étape. C'est en remportant la 16e étape du Tour de France 1974 (sa 7e) entre la Seu d'Urgell et Saint-Lary-Soulan qu'il renoue avec la victoire sept ans après sa 6e victoire d'étape et 12 ans après son premier succès sur la Grande Boucle.[1]
Source Wiki