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Dans le rétro
      • François, le petit forgeron de Romandie

      • Et surtout de Plestin : impossible de rater le sympathique François si vous êtes un habitué de nos circuits... François Hamon, né à Guerlesquin, débuta le vélo à l’âge de 8 ans même si aux yeux de sa mère il était bien trop jeune pour pratiquer un sport si difficile. Il prit pourtant sa première licence à l’âge de 16 ans au sein VC Morlaisien. Retour sur sa carrière et son "après-carrière".
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      • Surnommé « le petit forgeron de Botsorhel » par le speaker surnommé Mario Cotti (François Bordenave étant son réel patronyme), il remporta le championnat de Bretagne des indépendants et amateurs devant Guy Dafniet à Iffiniac en 57. L’année suivante, il se classa 6ème du championnat du Monde amateur. En 1959, au sein d’une équipe composée de son frère Raymond, de Jacques Simon, Roger Troadec et de Guy Dafniet, il devient champion de France du Chrono par équipes. En 1960, il termina 15ème des jeux olympiques à Rome.

        Grâce à ces très bons résultats, il décrocha un contrat pro chez Peugeot (de 62 à 65). Au cours de sa carrière chez les pros, il participa aux plus belle courses internationales et française (Tour de France en 1964 : 71ème). Cette même année, il remporta le Grand Prix du Nürbrugring devant plus de 200 000 personnes. Et sur ce point, il souhaite d'ailleurs apporter une précision : « La course se disputait en prologue du Grand Prix de Formule 1. Les spectateurs étaient venus pour voir les bolides mais ils m’ont tout de même acclamé lors du tour de circuit effectué en parade dans une berline coupée. Ce jour reste le meilleur souvenir de ma carrière mais il y en a d’autres comme mon premier championnat du monde ».

        Lorsqu’on lui demande son pire souvenir, il marque un temps d’arrêt. Les souvenirs reviennent : « Sans aucun doute, il s’agit de ma chute sur le Tour de Picardie en 1965. Victime d’une fracture ouverte du fémur et du genou ainsi que d’un léger traumatisme crânien, j’ai été hospitalisé 1 mois, s’en sont suivis 4 mois de rééducation. 7 mois après ma chute, je reprenais la compétition. Chez les jeunes déjà, je tombais souvent ».

         

        Cette chute sera synonyme pour lui de fin de carrière professionnelle. Néanmoins, il reviendra à son meilleur niveau puisqu’il triomphe sur le Grand Prix de Plouay en 1967 sous le maillot Boréal. Au cours de ces 21 années de compétition, il remporta 120 succès la plus part sur les critériums.

         
         
        Lorsqu’il stoppa la compétition, il ouvrit un bar-magasin de Cycles à Plestin-les-Grèves : « Le Tour de France ». Il mettra un terme à sa « deuxième » carrière en 2001. Depuis, il ne rate pas une course à la télévision toujours bien installé dans son salon. C’est avec plaisir qu’il regarde les courses auxquelles il a participé comme Milan San Remo, le Tour de Romandie. Tenez, lors de la dernière édition du Tour de Romandie, il fut agréablement surpris de lire et d'entendre (malgré une prononciation anglosaxone) son nom cité par le commentateur Jacky Durand «Oui, il y avait au palmarès un coureur breton qui s’appelait Hamon ». Pas besoin d'insister beaucoup pour qu’il nous relate cette victoire...
         
        Il parle et bouge les mains quand il nous raconte cette belle victoire en Romandie. « A la suite d’un contre à 25 km de l’arrivée, je m’étais retrouvé seul en tête. A 3 km du but, j’ai vu le retour du grand italien (1m80) Hugo Colambo. Dès qu’il me reprend, il place un démarrage. Je réponds aussitôt et je le contre. L’italien attaque une nouvelle fois, je réponds une nouvelle fois. A la suite de cette lutte, on a collaboré. J’en ai profité pour appeler mon directeur sportif pour savoir comment était l’arrivée. Le dernier virage était à 200m de la ligne, j’ai donc sprinté avant le virage, j’ai pris 20m et c’était fini ». Il décrochait là l’une de ces plus belles victoires avant de conclure : « Ce jour là, je n’avais pas eu peur ».

         

         

         

        Dans son salon figure une photo où François discute avec Jacques Anquetil au départ du Circuit de l’Aulne. Ce que ne dit pas la photo, il le raconte : « J’étais jeune. Avant le départ, il était venu me dire qu’il avait entendu parler de moi et que je marchais bien. « Mais pas question de se courir dessus » avait dit le grand champion Français. Chacun fait sa course et le meilleur l’emportera ». Au terme d’une course pleine de panache, François prit la 3ème place, la victoire revenant à Jacques Anquetil.

         

        Aujourd’hui, il roule tous les jours ou presque : « Je ne sors pas lorsqu’il fait trop froid mais j’avoue que je m’en…… . Oh, je ne fais pas de grandes sorties, juste de quoi maintenir les articulations ».  Il reste l’un des plus fidèles bénévoles de l’EC Plestin, club qu’il avait fondé avec son ami René Gallou en 1981. Très présent sur les épreuves amateurs des environs, il avoue avoir des difficultés à suivre toutes les réformes qui, au bout du compte, ne font pas évoluer beaucoup le cyclisme amateur.

         

        Correspondance de Jérémy Geffroy