“ Je m’appelle Raymond Poulidor, mais je suis devenu « Poupou » sur la route du Tour. C’était les sixties,
comme on dit aujourd’hui. Je suis donc né en 1936, l’année du Front populaire, un 15 avril, dans
un petit village de Creuse nommé Masbaraud-Mérignat. Mon éditeur m’a demandé de faire ce livre
parce que, mine de rien, je viens de boucler mon 51e Tour de France. Il paraît que c’est un record. (...)
Mais 51 Tours, ça veut tout dire et rien dire. Il paraît que, dans mon cas, ça veut dire
quelque chose, parce que moi, je n’étais que coureur, et que personne n’a pu rester aussi longtemps
dans la caravane. Il faut dire que je suis entré dans le Tour à 26 ans en 1962, et que j’ai terminé troisième,
comme lorsque j’ai arrêté en 1976, à 40 ans.”
À l’été 2013, Raymond Poulidor sera l’un des acteurs majeurs de cet anniversaire du patrimoine français, lui qui a suivi 50 éditions de la Grande Boucle : quatorze en tant que coureur et 36 comme consultant ou membre de la caravane publicitaire. Un demi-siècle, déjà !
Pour chacun d’entre nous, Poulidor est associé au second, à l’éternel deuxième au point qu’il n’est pas exclu que le nom propre, déjà référencé dans de nombreux dictionnaires, soit retenu aussi comme nom commun. Il en est question depuis un long moment déjà. Ne parle-t-on pas du Poulidor de la
politique ? Dans un duel, celui qui n’a pas gagné, n’est-il pas quelque fois affublé du nom de Poulidor surtout s’il est arrivé second ? Il est vrai que Poupou, sans remporter la Grandes Boucle, est monté huit fois sur le podium, un record qu’il co-détient avec Lance Armstrong. C’est vrai aussi que, sur ces huit
podiums, il fut trois fois… deuxième. Mais penser que Poulidor est un coureur qui n’a jamais eu de réussite serait commettre une magistrale erreur car « l’Éternel second » remporta près de 189 victoires !
Dans ce livre, Raymond raconte tout : la montée du Puy de Dôme en 1964, la chute à Albi en 1968, l’étape de Saint-Lary Soulan en 1974, sa troisième place en 1977 mais aussi tous les grands moment des autres éditions dont l’éternel second a été l’observateur privilégié : les échappées meurtrières de Bernard Hinault, les prouesses d’Indurain, de Armstrong. Sans oublier toutes les personnalités hautes en couleur que Poulidor a rencontrées : Magne, Goddet, Guimard, Zitrone, Tapie, Leblanc, Giscard d’Estaing et tous les autres.