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Fou d’vélo

      • Loïc, tu vas nous manquer !

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          • Autant ne pas s'en cacher : il était certainement l'un des meilleurs, l'un de nos préférés... Son talent, son humour et sa connaissance du milieu vont nous manquer ! Rencontre avec Loîc Le Bourhis qui vient de poser le micro.
          • Vous venez d’annoncer votre retraite d’animateur, un choix mûrement réfléchi ?

            « Oui, ça fait un an et demi que j’avais décidé d’arrêter et de mettre le clignotant. En partant à la Route Bretonne cette année j’ai dit à ma femme que c’était la der des ders. Je ne voulais pas faire la saison de trop, en profiter tant que je suis en bonne santé. »

            Voilà donc une 2e retraite sportive ?

            « Oui en 1981, j’avais décidé d’arrêter de courir et sur les conseils du regretté Lucien Lorand j’ai continué une saison de plus avec 5 succès à la clef. »

            Vous avez obtenu le titre de champion de France en 1969... Certainement un excellent souvenir ?

            « En 1968, j’ai touché du bout des doigts le titre national à Port-de-Bouc, je suis juste devancé par Bernard Thévenet. Cette seconde place m’avait laissé un certain regret. En 1969, pour le championnat de France, j’avais promis mon titre la veille à ma future épouse : je remporte mon titre en solitaire. C’était mon 3e titre car j’avais été champion de France du Critérium du jeune basketteur et champion de France de Cross-country UGSEL en 1964. En 1970 avec l’ASPTT Saint Brieuc, nous prenons la seconde place du championnat de France de poursuite olympique, nous sommes devancés par le CSM Puteaux.»

            En 1971, vous passez professionnel, quels souvenirs en gardez-vous ?

            « J’ai porté le maillot de la formation Hoover-De Gribaldy lors de ma 1ère saison avec les pros. En 1972, j’ai rejoint la formation Gitane et j’ai eu le bonheur de disputer mon unique Tour de France. J’ai été obligé d’abandonner lors de la 9 ème étape suite à une sciatique, j’étais Lanterne Rouge et un journaliste d’un quotidien régional avait fait une photo de moi et d' Eddy Merckx ; un destin à « la Ghislain Lambert » !!! (ndlr : film dans lequel Loïc joue le rôle d’un speaker.) 
            J’ai remporté 2 courses chez les pros mais cela n’a pas suffit pour être conservé par Gitane, j’étais en balance pour l’une des 2 places restantes. »

            Difficile de stopper ainsi votre carrière ?

            « Oui j’ai quitté à regret l’échelon supérieur en me disant que j’avais encore des choses à montrer mais je n’étais pas le seul : nous étions 40 pros à stopper l’expérience ! Pour ma part, j’en ai profité pour me reconvertir comme professeur de sport au centre Jean XXIII à Quintin et j’ai commencé une seconde carrière comme ex-pro. J ‘ai obtenu une centaine de victoires dans ma carrière. En tant qu’ex-pro, nous n’avions pas le droit de disputer les championnats pourtant j’étais motivé par l’enjeu, je me suis rabattu sur le Chupen Bigouden : c’était mon championnat de Bretagne à moi. »


            En 1982, vous vous arrêtez... Comment êtes-vous arrivé au micro ?

            « A l’issue de la finale du Chupen Bigouden, les autres coureurs m’ont poussé pour que remercie les organisateurs. J’avais une certaine aisance au micro, l’animation me faisait rêver depuis mon plus jeune âge. J’accompagnais aux galas de boxe mon père qui était chronométreur et j’étais subjugué par le speaker. Aussitôt rentré à la maison, je me fabriquais mon ring et avec mes ours en peluche je refaisais le gala au grand regret de ma mère.

            Fin 1982, avec le centre Jean XXIII, nous avions organisé un cyclo-cross à Quintin, comme nous cherchions un speaker je me suis tourné vers Lucien Lorand, il m’a répondu « essaye, tu vas voir si ça te plaît ». Lucien a été mon parrain, il m’a mis le pied à l’étrier en me donnant des courses où il ne pouvait pas aller. La même année, René Beurel l’ancien speaker loudéacien arrêtait l’animation, il m’a recommandé auprès des organisations où il officiait. »

            Vous avez continué votre carrière de speaker avec une certaine réussite ?

            « Ca avançait gentiment, j’ai connu beaucoup de bonheurs à commenter les courses et j’ai toujours assumé au micro."

            Vous avez commenté de belles courses en Bretagne et hors de notre région ?

            « Oui avec les adieux de Bernard Hinault en 1986 à Quessoy, la semaine fédérale la même année à Châteaulin, la semaine fédérale de nouveau en 1991, les championnats de France en 2009 à Saint Brieuc et à Ussel (19) cette année, sans oublier les multiples championnats de Bretagne.

            J’ai officié pendant des années sur la Route Bretonne, le Souvenir Louison Bobet, le Grand Prix Bousquet, le Circuit du Mené, l’Essor Breton, la Mi-Aout Bretonne, le KBE, Le Ponthou, la Flèche Plédranaise et beaucoup d’autres.
            Il y a 2 épreuves qui avaient ma préférence les Boucles de la Mayenne qui était la plus belle pour moi et le Grand Prix de Moncontour la grande messe du cyclisme amateur breton. »

            Vous avez toujours su remercier les organisateurs et les bénévoles ?

            « Pour moi le bénévolat est le 1er sport en France, c’est celui qui compte le plus de pratiquants. Et au micro je n’oubliais pas de les remercier car sans eux notre joli sport ne pourrais pas vivre, j’ai du respect pour eux. »

            Quels sont vos plus beaux souvenirs ?

            « Les adieux de Bernard Hinault à Quessoy devant une foule immense ; la victoire de Johan Le Bon à Ussel cette année, Johan je l’ai vu grandir sur le bord des circuits avec son père Dominique., 

            Autre excellent souvenir, la victoire d’un coureur d’une trentaine d’année qui remportait son 1er bouquet après 14 années de licences, c’était pour moi la persévérance qui était récompensée. »

            Et votre plus mauvais souvenir ?

            « Lors d’un Plaintel-Plaintel, un coureur qui avait abandonné et qui revenait sur Plaintel avait été fauché par un voiture. C’était un de mes anciens élèves, ce ne fut pas facile pour moi d’appeler son père au podium et de continuer à animer tout en sachant ce qui venait de se passer. »

            Adieu ou Kenavo ? 

            « J’ai eu plusieurs vies dans le sport et ma vie professionnelle, je vais en commencer une nouvelle.Je viendrai comme spectateur sur les courses, je profiterai pour aller voir mon fils ou mon petit fils disputer des épreuves sur route ou en Bmx.
            Vous me reverrez le long des barrières ou aux détours d’une route. »