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Les billets de la rédaction

      • Billet du
      • 30/06/2009
      • Quel pied !

            • Voilà plusieurs années que, comme vous, je suis les événements liés au cyclisme… Idem pour les principaux épisodes du sport breton : de Plouay 2000 à la récente finale Rennes-Guingamp, de la remontée de Brest en L2 à l’arrivée victorieuse de Mich Desj’. J’en ai vécu des instants sympas, des moments magiques…

              Mais alors là ! Il faut bien l’avouer, jamais je n’avais connu pareille euphorie ! Prenons la voiture pour effectuer un tour de circuit : après-ligne un peu calme, ligne droite pas franchement animée et port du Légué plutôt léger… Et puis soudain, après un virage à droite, la divine surprise : au bord d’une route barbouillée aux noms des coureurs privilégiés, des milliers de supporters patientent entre deux passages.

              Arrêt chez Jo, sympathique quinquagénaire de La Roche/Yon : « Pour rien au Monde, je ne raterais les France ! L’année où tu ne me vois plus ici, tu sais que je suis parti d’ssous directement… Ou que je sucre les fraises chez les vieux ! Bon, tu bois kêk-chose ? » Et s’en suit alors une bonne rasade de Troussepinette. Très bonne d’ailleurs… Trop…

              Virage à gauche et descente dans la vallée… Après le petit rond-point, l’image est saisissante ! La vieille côte du Gouët est totalement envahie, une véritable marée humaine qui monte et redescend ! A droite et à gauche, des villages hilares, des fans qui ne boudent pas leur plaisir. Et quelques têtes connues : Jacky Botherel est venue en famille ; les championnats ça le connaît ! Un peu plus haut, le fan-club des Bbox ne ménage pas ses efforts : non, merci ! Cette fois, pas de troussepinette ! Bon… Vite fait alors…

              Les coureurs approchent et la clameur remonte du bas de la bosse ! Les drapeaux néerlandais en moins, nous voici dans l’Alpe d’Huez en plein mois de juillet. Ici, Cyril, Jean-Marc et Florian sont les prénoms à la mode mais Dimitri, grâce à un maillot bien connu semble lui aussi avoir la côte ! Ambiance décontractée, aucune animosité… C’est l’été sans Michel Drucker et ses orages de 1995. Même pas une petite brume de chaleur : rien ! C’est qui Boardman ?

              Dernier tour… Sur son podium, Super Daniel le stentor n’a pas d’effort à faire : le public breton est chaud bouillant ! Les kilomètres passent et Dimitri abat un à un tous les Goliath du peloton… Il enfile l’armure du preux chevalier breton et se fait l’ardent défenseur de tout un pays ! Carrément, le nouveau Jean IV, un Nominoë à vélo ! Bon, je sais, je sais… Je m’emballe un peu !

              Mais il faut me comprendre… Jamais vu un passage de ligne plus euphorique… Pas l’un de ces franchissements où l’on tente de savoir qui est le vainqueur, avec la question habituelle « C’est qui çuilà ? ». Ici, tout le monde connaît le Champion ! On en oublie même qu’il nous vient de la région parisienne et l’on jure que la cousine de sa petite nièce est née à Carhaix ! Si, si, je vous assure…

              Jamais vu autant de larmes de joie après une arrivée… Jamais vu des coureurs harassés qui restent sur la ligne pour fêter leur coéquipier en bleu-blanc-rouge…

              Oui, un bien beau moment de joie ! Une sorte de petit juillet 98…

              Si j’étais grincheux, je ne passerais pas à cet instant à la conclusion de ce petit carnet de route dominical. Acariâtre, je vous dirais qu’ils sont rares les sports qui offrent ainsi un tel spectacle gratuit… Un moment de joie populaire, un instant partagé… Acrimonieux, je pourrais m’étonner que certains partenaires se désengagent du cyclisme… Acerbe, je montrerais du doigt les politiques qui s’étaient élevés contre le coût de l’organisation de ces championnats.

              He ben non ! Même pas…

              Merci à tous les organisateurs de ces Championnats de France ! Merci à Claudy Lebreton, Vincent Lemeaux, à Gil Pellan et à ses bénévoles… Et si dans quelques années, un jeune cadet grimpe sur un podium de coursette à Glomel et qu’il précise que sa vocation est née par un beau dimanche de juin 2009, nous saurons alors que tout cela en valait la peine !

              Gurvan Musset