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      • Billet du
      • 28/03/2012
      • Jaune de colère ?

              • Capture d ecran 2012 03 24 a 12.30.06.png
            Je défonce une porte ouverte car vous le savez mieux que personne. Très régulièrement, les sujets de notre « grande petite Reine » se laissent gagner par la mélancolie ou, pire encore, le fatalisme… Certains, au cœur de l’hiver, plongent même dans le doute ! Face à un cloaque pour le moins fétide, le fan de vélo recule et tourne la tête. Une suspension pour dopage par ci, un trafic de stups par là et voilà la morosité qui nous gagne fort logiquement.

            Mais quand le feu d’artifice printanier est tiré et qu’il dépasse de loin nos espérances, nos meilleurs souvenirs de la saison précédente, qu’il nous épate, qu’il nous arrache même des « hoo et des haa » de gamins, il ne faut pas cacher sa joie ! Attention, le soleil aidant et les épaules se dénudant, je ne plonge pas dans le tiède bain d’une douce euphorie. Mais tout de même, vous avouerez que ce mois de mars 2012, il a de la gueule !

            Déjà, la belle affluence dans les virolos de Cadoudal ou de Saint-Avé laissait présager un printemps magnifique… Un Hardy chevalier « gwenn ha du » exilé dans le Haut-Var apporta à la Bretagne un premier bouquet d’importance. Un ancien arc-en-ciel qui n’a rien perdu de ses couleurs et de sa superbe, bien au contraire, confirmait à Locminé l’appétit grandissant de jeunes bretons qui se verraient bien devenir ogre voire même cannibale.

            Et les semaines passèrent sur le grand plateau, réservant leur lot de bonnes surprises fleuries, de Paris à Troyes, de la Normandie à la Loire-Atlantique. Mais le meilleur était à venir ! La quatrième semaine de mars offrit aux supporters un véritable florilège, des « happy ends » que l’on n’oserait même pas placer à la fin d’un bon film familial « Made in Hollywood » ! Trop beau pour y croire…

            Difficile de résumer en quelques lignes un week-end de rêve ! Un jeune costarmoricain sans peur se la jouait matador insolent : Simon, jeune prince par trop ignoré devenu double roi de Catalogne ! En Normandie, main dans la main, Bideau et le Bon réalisaient l’un de ces doublés inoubliables qui marquent une carrière. Loin de leurs terres d’Armorique, les Guyot, Daniel et Barguil apportaient eux aussi leur belle pierre à un édifice somptueux. Et je ne vous parle même pas des galeries garnies, des larges files de spectateurs massés sous le soleil dans les fossés de Landivisiau, de Guégon ou de Plouha. Le pied total !

            Quant à la photo de l’année, l’image à sauvegarder ? Elle est peut-être déjà prise et largement diffusée… Qu’il nous sembla somptueux et éclatant le maillot jaune de Florian Vachon ! Enfilé sur l’un des plus prestigieux podiums du Monde, à l’issue d’une épreuve où nos bretons côtoyèrent et secouèrent quelques stars, le maillot doré de Vachon nous arracha des frissons.

            Et après, me direz-vous ? Le problème, il est simple et je suis certain que vous avez déjà anticipé cette conclusion ! Avec tous ces résultats, tous ces succès, toutes ces fleurs dans nos vases de cristal, on se prend à rêver. On se dit que, désormais, tout est possible ! Songe d'une nuit d'été au mois de mars : on imagine déjà le sourire des organisateurs de la grande boucle à l'annonce des équipes retenues pour le Tour de France. Et on imagine surtout la banane des coureurs de Bretagne-Schuller ! Faute de résultats, ils avaient été privés de course au soleil. Qu'importe, le soleil a tout de même brillé pour eux, et comme jamais ! Espérons que la logique sportive invoquée avant Paris-Nice guide encore une fois les choix des patrons du Tour.

            Gurvan Musset