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Les billets de la rédaction
      • Billet du
      • 11/08/2012
      • Pourquoi partir ?

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            Non, ça n’est pas le cri d’un forçat du Tour, dégoûté de voir revenir sur lui les équipes des sprinters aux allures de TGV que rien n'arrête… Pas non plus les remords d’un jeune coureur qui se préparait à quitter son club formateur… Il s’agit tout bonnement d’une observation : pourquoi quitter la Bretagne en été ? Il y fait beau plusieurs fois par jour et vous conviendrez avec moi que nous ne sommes pas franchement submergés par un tsunami de touristes venus en Bretagne pour nous piquer nos p’tits coins de plage, nos fleurs, nos reines et nos podiums.

            Au printemps, l’Essor Breton et le Tour de Bretagne nous offrent enfin la possibilité de quitter la couette et le feu de bois pour suivre au jour le jour ces étapes tracées entre Armor et Argoat, entre « Breizh izel » et pays gallo. L’été, alors que certaines régions écrasées sous le soleil semblent tomber en léthargie et se désertifier, notre bout du Monde voit les manifestations se multiplier, tant culturelles que sportives.

            Grand merci aux organisateurs et bénévoles du Kreiz Breizh Elites et de la Mi-Août en Bretagne ! Ils perpétuent avec bonheur la tradition de nos courses de pardon, ces épreuves qui animaient les bourgs de nos campagnes, au soir des longues journées de travail dans les champs. Oui, grâce à ces courses, nous découvrons des villages et traversons des communes où, il faut bien l’avouer, nous ne passons pas tous les jours ! Sur le thème du « P…., mais on est où là ? » Bien entendu, nous sommes loin des colonnes de spectateurs alignés sur la route du Tour de France. Néanmoins, au fil des kilomètres du KBE, nous avons eu la chance de rencontrer et de taper la causette avec des spectateurs honorés de recevoir la course sur leurs terres.

            Nous gardons en mémoire l’image de cette famille qui, entre Ploërdut et Lescouet-Gouarec, proposait un coup d’cidre aux suiveurs… Ce quinquagénaire qui avait bichonné et ressorti pour l’occasion son vieux Gitane de 1978. La machine resplendissante trônait dans un jardin tout aussi « vintage », entre géraniums et hortensias. Alain Baniel, le patron du KBE se souviendra longtemps de cette personne âgée qui avait quitté sa chaise du bord de la route pour venir le saluer et le remercier : tout simplement.

            Alors, oui, réunir un budget est extrêmement délicat, attirer des coureurs de valeur ne l’est pas moins ; certes il existe parfois des tensions entre organisateurs. Mais sachez qu’en tant que simple suiveur ou spectateur, nous vous sommes gré d’en ch… toute l’année pour nous offrir un spectacle qui contribue à animer nos campagnes et à nous donner des regrets quand nous quittons la région pour quelques jours de vacances.

            GM