

Qu’est-ce qui fait encore courir Mickaël Guichard ? Dans un cyclisme, épris de jeunisme, le Corrézien qui va sur ses 33 ans, constitue une exception dans le peloton amateur des N1. Mais l’Ussellois n’a aucune envie de raccrocher, même si les résultats sont un peu en deçà de ses performances passées, lorsqu’il était l’un des leaders de la N1 morbihannaise Fybolia GOA Morbihan. Chaque année, les organisateurs de la Sportbreizh Elite se remémorent l’édition 2022. Dans la dernière étape à Argol, sous les trombes d’eau, Guichard avait relégué le peloton et le leader Titouan Margueritat à plus de 6 minutes, après une échappée fleuve en compagnie du Lavallois Célestin Guillon. « La motivation est toujours là. Je prends toujours autant de plaisir à faire du vélo », confirme-t-il. Car le Corrézien a encore des objectifs, et un en particulier, une nouvelle participation aux JO de Los Angeles en 2028, en tant que pilote d’Elie de Carvalho, para-cycliste, médaillé d’argent aux Jeux Olympiques de Paris dans le contre la montre. « Cela m’occasionne pas mal de déplacements à l’étranger, ce qui réduit un peu ma saison sur route ».
« Je garde de très bons souvenirs des batailles face à des coureurs comme Johann Le Bon, Ewen Costiou ou encore Mathis le Berre, des gars vraiment sympas avec qui on se tirait vers le haut ».
Présent sur l’Essor Breton, le coureur de l’équipe E. Leclerc Ruffec Top 16, a apprécié les deux premières étapes empruntant les routes sur lesquelles il a maintes fois roulé au cours de ses trois années morbihannaises inscrites comme les très bonnes années de Mickaël Guichard. Après ses 27 victoires obtenues chez Pro Immo Nicolas Roux en quatre ans entre 2018 et 2021, la moisson a été quasi-similaire en Bretagne avec 17 victoires glanées en trois années, dont la Sportbreizh élite donc, le Saint-Brieuc Agglo Tour, des étapes sur le Tour de Bretagne, sur l’Estivale bretonne, et dans un contre la montre sur l’Essor Breton 2022 à Kerlouan, battant le spécialiste Johann le Bon et enfin une deuxième place au championnat de France. « L’équipe était très bien structurée avec les bonnes personnes au bon endroit. Et je garde de très bons souvenirs des batailles face à des coureurs comme Johann, mais aussi Ewen Costiou ou encore Mathis le Berre, des gars vraiment sympas avec qui on se tirait vers le haut ».

Mickaël Guichard à l'arrivée de la 3e étape de la Sportbreizh Elite 2022. Il met le peloton à plus de 6 minutes et gagne le général. (Photo G. Musset).
Des coureurs actuellement professionnels, échelon auquel il n’a pas eu la chance de goûter. Alors des regrets, lui qui a débuté le vélo sur le tard ? « Pas vraiment. J’ai été stagiaire chez Delko en 2019. Je n’avais pas vraiment le profil d’un stagiaire. Je travaillais 27 heures par semaine à l’époque et j’avais déjà 26 ans. On pense différemment à cet âge-là, par rapport à un jeune qui a toujours rêvé de devenir professionnel depuis qu’il fait du vélo. Je me pose parfois des questions : est-ce que passer pro m’aurait rendu plus heureux ? Est-ce que je suis passé à côté d’une carrière ? Dans une équipe World Tour j’aurais été un équipier, et encore est-ce que j’aurais eu le niveau ? Et quand je discute avec des mecs qui courent ou ont couru en continentale, ça ne m’apparait pas si intéressant que cela. Donc, je ne fais pas une fixette là-dessus », poursuit-il.
« Je m’adapte et je m’inscris dans cette recherche constante de la performance. C’est ce qui m’intéresse et me motive notamment dans le contre-la-montre ».
Et son avis sur l’évolution du vélo ? Lui qui a débuté à une époque où les N1 régnaient en maître sur la formation, en étant le passage obligé pour les jeunes sortant des rangs juniors pour monter chez les professionnels. Pas de discours « c’était mieux avant », chez Mickaël Guichard. « Il faut prendre en compte ces changements. Les conti fédérales, ça donne aussi la possibilité à des amateurs de se confronter aux professionnels. Je n’ai pas l’impression que cela influe trop sur le niveau amateur. En dix ans, il y a eu énormément d’évolution. Tout le monde part en stage en Espagne avant la saison, les coureurs s’entrainent de plus en plus sérieusement. Le matériel a évolué. Sur cet Essor Breton, le peloton fut très homogène sans beaucoup de coureurs lâchés, malgré la chaleur et le parcours difficile. La vitesse moyenne fut élevée. Je m’adapte et je m’inscris dans cette recherche constante de la performance. C’est ce qui m’intéresse et me motive notamment dans le contre-la-montre ».
Mickaël Guichard, de nouveau dans le club de ses débuts, le Top 16, reste donc toujours aussi motivé, même si les victoires sont moins nombreuses que par le passé. « J’aime transmettre aux jeunes mes connaissances de la course. Lorsque j’étais chez Fybolia, je prodiguais mes conseils à un tout jeune coureur, Pierre Thierry. Voir son niveau actuel chez les pros, ça me procure énormément de plaisir ». Mickaël devrait revenir en Bretagne cet été. Son équipe est retenue sur l’Estivale Bretonne.
Albert Le Roux
Photos 1 et 2 Mickaël Guichard sur l'Essor Breton 2026. Photo 3 : le podium de la Sportbreizh 2022 : 1er. Mickaël Guichard ; 2. Titouan Margueritat ; 3. Lomig Le Clech.
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