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Sportbreizh - Le site du vélo en Bretagne - Tout le cyclisme et le cyclotourisme en Bretagne

 

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C'est reparti !
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Cauchemar

Gurvan Musset

Cauchemar

Une fois encore... Une fois de plus... Une fois de trop... Antoine, notre jeune coureur de 13 ans est parti à l'entraînement le samedi 8 février. Et il n'est jamais revenu.

 

Il est arrivé à l'entrainement avec un drôle de casque de traviole et des manchettes à l'envers... Avec une dizaine de couche de fringues. On le voyait à peine sous ses maillots et, derrière ses lunettes, il transpirait déjà à grosses gouttes avant même de partir en balade !  Quand Antoine est venu rouler avec quelques jeunes du Team Sportbreizh AC Léonarde, il faut bien avouer qu'on s'est dit que c'était la première et la dernière fois qu'on voyait le garçon sur son vélo de course... Et avec son drôle de look.

Et puis, il est revenu... Une fois, deux fois puis toutes les semaines. Et on a commencé à se dire que le garçon en voulait vraiment, qu'il aimait ça ! Vététiste confirmé, il avait tout à apprendre sur route ! En avril, il est allé découvrir le parcours des championnats de Bretagne à Trébrivan avec ses nouveaux coéquipiers. Car à ce moment, il était clair qu'il faisait du vélo, qu'il était dans l'équipe ! Lui qui n'avait pas encore fait de courses, il n'a évidemment pas pu suivre le rythme. Le gamin était tout rouge, il avait les jambes autour du cou, il en bavait mais il n'a pas voulu s'arrêter et monter dans la voiture. Il a souri, il a fait non de sa jolie bouille, on l'a doublé et il a terminé sa sortie avec la banane. Et il est parti rouler tout seul, pour progresser. Oui, à ce moment, il était devenu coureur.

Et Antoine Musset a fait ses premières compétitions et il a insisté en progressant à chaque fois. Comme son père, son oncle et ses cousins, il a aimé cette ambiance de fête au village. Il a changé de vélo et il est monté sur son nouveau Scott. Les très grosses gamelles et les séjours à l'hosto de son cascadeur de cousin ne l'ont même pas dissuadé. Et voilà... Trop tard... Antoine était vacciné par un rayon de bicyclette. Comme tous les jeunes cyclistes, il s'est certainement fait des films où il se voyait en tête au sommet du Ventoux, virevoltant sur les pavés du carrefour de l'arbre ou plongeant devant un Peter Sagan désemparé vers San Remo, après le Poggio.

Nous, on aurait juste aimé le voir en mars prochain au départ d'une course de début de saison sous son nouveau maillot. En tête ou à deux tours, qu'importe. Évidemment, son père vous dira, comme tous les pères, qu'il aurait été devant et qu'on allait voir ce qu'on allait voir ! Rien n'aurait pu l'empêcher de monter sur son vélo et d'accrocher un dossard.

Ceux qui ne comprennent pas le vélo vont citer Coluche: "C'est dur le vélo. Oh là là ! Qu'est-ce qu'il faut être con pour faire ça comme sport !" Ceux-là n'ont jamais escaladé le mont Saint-Michel de Brasparts par un joli soir de juin... Ceux-là n'ont jamais pété "un kom" dans les Mont d'Arrée par un froid dimanche de décembre. Et plus simplement, ceux-là n'ont jamais pédalé en février dans les odeurs de mimosa, en mars entre deux talus de primevères, en été avec les senteurs de la moisson ou après un orage, en octobre sous les feuilles mortes... Ceux-là, ils ne se sont jamais faits la pancarte à Loperhet ou à Plougastel. Ils n'ont jamais dû sprinter en rigolant pour distancer le chien teigneux qui en veut aux mollets musclés. Ils ne sont jamais rentrés trempés chez eux un dimanche midi... Trempés et quasiment malades mais fiers de la sortie d'entrainement et prêts à dévorer une douzaine de poulets et quinze kilos de frites bien grasses.

Aujourd'hui, nous nous refusons à accepter l'inacceptable. Non, mille fois non à cette triste et lâche fatalité.

Il faut se battre pour que nos jeunes puissent continuer à faire du vélo sans risquer leur peau à chaque carrefour. Il ne faut pas fermer les vélodromes ou les réserver à quelques élites, il faut au contraire les ouvrir à tous, les entretenir et les multiplier dans toute la Bretagne pour accueillir et former nos jeunes. Il faut aider les écoles de vélo et leurs infatigables éducateurs comme ceux de Gouesnou : ce sont eux les vrais héros du cyclisme moderne et personne d'autre. Il faut que nos jeunes pousses soient prêts à affronter la route et ses dangers. L'élu qui aime le vélo n'est pas l'élu qui sirote du Champagne dans le village VIP des grandes courses en serrant des paluches et multipliant les selfies. L'élu qui aime le vélo et sa jeunesse aide son club local et ses dirigeants, ses organisateurs. Formons nos jeunes à rouler en groupe, à acquérir des réflexes, à éviter un maximum de dangers, organisons nos courses de village. Et expliquons à toute la population que la route se partage, qu'elle n'appartient à personne. Et qu'elle est impitoyable...

Aujourd'hui, à toutes nos phrases, à tous nos dialogues, à toutes nos pensées, à toutes ces nuits sans sommeil, une seule et même conclusion entre deux sanglots.... Antoine, p'tit champion, tu vas nous manquer atrocement.

 

 

 

 

Louis l’ostéo raccroche le boulot, pas le vélo !

Louis l’ostéo raccroche le boulot, pas le vélo !

Louis Morvan, l’ostéopathe de nombreux cyclistes costarmoricains, a décidé de mettre ses mains expertes au repos après 53 années de travail. Portrait d’un homme droit qui, pendant des années s’est évertué à remettre d’équerre les corps tordus par le travail, à rendre leur souplesse aux muscles meurtris des cyclistes et des coureurs à pied.

 

Il nous accueille dans sa maison située dans un quartier de Saint-Brieuc. Louis Morvan, 81 ans, rentre tout juste d’une séance de course à pied. Il nous installe dans les fauteuils confortables de son salon, en nous proposant une tasse de thé : « J’ai souvent, pour ne pas dire toujours, refusé les sollicitations de la presse qui cherchait sur certaines compétitions de course à pied un « atypique ». Alors bon… je ne sais pas si je suis atypique… ».  Ses paroles furent donc rares, Elles sont donc précieuses. Nous ouvrons grand nos oreilles.

Louis Morvan possède la plus belle des élégances, celle qui s’obtient avec le temps. Cette élégance faite d’un savant mélange entre compétences, discrétion et générosité. A la sortie d’un soin, Louis ne disait jamais « A bientôt » mais plutôt « Prends soin de toi et appelle en cas de coup dur ! » car comme il dit : « Le plus souvent si tu viens c’est que tu as un pépin ». Il aime son travail, les gens et les sportifs en particulier, c’est d’ailleurs pour cela qu’il a attendu ses 81 ans pour se retirer. À quelques encablures de la retraite, quand beaucoup comptent leurs trimestres pour dire au revoir au monde du travail, lui a continué à masser, soigner, ré-éduquer les muscles fatigués, les articulations douloureuses, les dos cassés.

 

Des fiches cartonnées

 

Après son bac, en 1957, il s’engage pour trois ans dans l’Armée. « J’ai fait une prépa militaire Air à Quimper. Je suis devenu Sergent d’active dans l’aviation, contre l’avis de mon père qui avait fait la guerre, il avait passé cinq ans en Allemagne. » Après ses 36 mois sous le drapeau tricolore en pleine guerre d’Algérie, il retourne à la vie civile et devient instituteur pendant un an, avant de monter à Paris pour ses études. Il intègre l’école de kinésithérapie de Saint-Denis. Là-bas, il découvre de plus près le cyclisme de haut niveau et notamment la piste. « Je courais à pied mais j’allais au vélodrome voir les courses, car je m’intéresse à tout ! »  Louis sympathise avec un cador de l’époque, un certain André Gruchet, coureur professionnel de 1964 à 1968, spécialiste de la vitesse dont il sera plusieurs fois champion de France et médaillé de bronze au mondiaux : « C’est la première personne que j’ai soignée, j’ai retrouvé sa fiche dans mes affaires.»  Louis est méthodique et note tout ! Des centaines de fiches cartonnées écrites à la main sur chacun de ses patients. Marie-Françoise, son épouse, nous le confirme d’ailleurs : « Aujourd’hui encore il note des choses sur l’alimentation, l’entrainement. Il a toujours des papiers qui trainent ! »

 

Installation à Saint-Brieuc

 

Après ses études, Louis revient en Bretagne et travaille « chez Monsieur Le Berre » qu’il nomme toujours avec beaucoup de respect. Un cabinet briochin reconnu à l’époque. « Là, j’ai appris énormément ». Des agriculteurs au dos abîmé, des joueurs du stade Brestois qui venaient le lundi après leur match... Et le vendredi, c’était les cyclistes. « Un sportif, quand il est blessé, je considère que ce n’est plus un sportif. Quand tu es blessé, tu es comme tout le monde, tu as besoin de soins. Mais les sportifs sont plus faciles à soigner car il prennent soin de leur corps. Chez les cyclistes, c’est souvent les genoux que j’ai eu à soigner, surtout chez les jeunes. Au-delà du soin, j’aime trouver la cause. C’est souvent des manivelle trop longues, un vélo trop grand… Le genou, c’est aussi une articulation exposée au froid quand tu pédales. » 

 

 

« L’entrainement c’est 50% de la performance, mais il y a tout le reste aussi, l’hygiène de vie bien sûr, bien manger, bien dormir, l’équilibre de vie, et la volonté. Tout cela, ça se travaille. »

 

 

En 1984, Louis prend son indépendance et ouvre son cabinet d’ostéopathie dans le centre de Saint-Brieuc. À l’arrière d’une cours d’immeuble, au sommet de quelques marches qui réveillaient souvent dans les muscles ou les articulations la raison de sa venue, le sportif savait pouvoir compter sur un praticien méticuleux. Son cabinet était sobre, mais pratique. Pas de décoration superflue, pas de photo des sportifs passés entre ses mains, même si certains d’entre eux se sont illustrés au plus haut niveau international. Un bureau, trois chaises, une table de massage et une bienveillance de tous les instants. « Le corps humain est passionnant ! C’est un ensemble, de la tête aux pieds tout est lié. Quand tu manipules quelque-part, tu engendres autre chose ailleurs. Et puis il y a les biorythmes, c’est intéressant à regarder ça ! Quand il sont tous au plus haut, tu es fort physiquement et tu es fort dans la tête. C’est là que tu gagnes des courses. »

 

Sébastien Hinault

 

Avec le temps, le prénom de Louis a circulé dans les pelotons : « En étant moi-même cycliste, les coureurs voyaient que je savais de quoi je parlais. On pouvait discuter nutrition, ou matériel. »  Bien au-delà de son métier, il est passionné par l’entrainement et la recherche de performance. « Certains vont m’en vouloir si je dis ça, mais un champion c’est quelqu’un qui sait s’entrainer seul et qui se connaît. L’entrainement, c’est 50% de la performance, mais il y a tout le reste aussi : l’hygiène de vie bien sûr, bien manger, bien dormir, l’équilibre de vie, et la volonté. Tout cela, ça se travaille aussi. »

Evidemment on veut savoir parmi tous les cyclistes qu’il a soignés, lequel l’a le plus marqué : « Sans hésitation, Sébastien Hinault ! Je l’ai soigné de ses 18 à ses 40 ans. Avec Sébastien on s’entend bien. Il était courageux, costaud, il parlait peu mais il ne disait pas de conneries et il ne critiquait jamais personne. Il était respecté de ses leaders, notamment de Thor Hushovd » et l’hommage au directeur sportif du team Arkéa Samsic se poursuit : « Seb, il était dur au mal, c’était un guerrier. Il aimait bien courir en Belgique. Le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, tout ça c’était son truc. En 2010, il nous a fait plaisir, d’ailleurs on a la photo. » Le Breton termine neuvième de l’Enfer du Nord.

 

Coureur de 3 et 4

 

Louis l’ostéo et Louis le sportif sont indissociables. Sa réputation s’est forgée en parallèle de ses performances sportives remarquables. Physique de quinquagénaire affuté et motivation de cadet, le niveau sportif de l’octogénaire inspire le respect. « J’ai tout le temps fait de la course à pied, depuis les cadets. Aujourd’hui je cours encore cinq fois par semaine. Le cyclisme c’est venu bien plus tard ». Il commence par prendre une licence à l’Union Cycliste Briochine : « Je courais en 3 - 4 une vingtaine de week-ends par an, souvent dans les vingt premiers, jamais vainqueur.  Je ne m’entrainais pas assez, car je n’ai jamais délaissé mon travail au profit du vélo. »

Louis se souvient aussi du jeune Bernard Hinault : « A Coëtlogon, il nous a mis deux tours !  Dans la bosse, il montait assis en souriant, alors que nous, nous cravachions en danseuse ! C’était un sauvage, un costaud, il avait la classe ! »

 

Paris-Brest-Paris en 44h 24mn

 

Plus tard, il découvre le cyclo et les épreuves d’endurance. Ses résultats sont tout simplement impressionnants. Louis participe à cinq Paris-Brest-Paris entre 1971 et 1987, tous finis, dont 4 dans les 10 premiers ! En nous expliquant sa préparation et son organisation, cela passerait presque pour une promenade facile. Des bidons de thé au citron au mini-sandwich au jambon, il est un adepte des choses simples. Côté entrainement, Louis aime rouler seul : « Deux mois avant le Paris-Brest, je faisais de grosses séances. Debout à 5h, départ 5h45, et en route pour 200 bornes le matin, puis 70 kilomètres en fin de journée avec des séries de trois fois 15 km à bloc. Entre les deux, on allait à la plage l’après-midi avec les enfants mais je dormais sur le sable ! »

Dans sa tête, Louis est resté un compétiteur : « Le sport c’est la compétition, le reste c’est du loisir ! » En 1975, il termine quatrième de Paris-Brest-Paris en 44h 24mn : « J’ai calculé que j’avais mis 23 minutes de moins que le vainqueur de cette année », précise-t-il, comme satisfait d’un devoir accompli. À son actif également, deux diagonales : Brest-Perpignan et Brest-Strasbourg. « J’allais à Brest en train et je faisais un colis avec mes affaires que je déposais à la Poste pour les avoir à mon retour. » Le périple vers la capitale alsacienne fut bouclé en 70 heures : « J’avais fait une première étape de 625 km, un méchant truc ! Mais j’aimais bien, je faisais mon itinéraire à l’avance. Je gérais ma bouffe, ça c’est important ! »

Avant de se quitter, Louis nous fait descendre à la cave : « Ça, c’est mon tapis de course. C’est le cadeau de mes 80 ans. »  Au mur, une housse noire attire notre attention, Louis la décroche et l’ouvre :  « C’est le vélo que je me suis acheté chez Seb (ndlr : le magasin de cycle de Sébastien Hinault). Il relance fort. Il vire bien. C’est un super vélo ! Il fait 8 kilos tout juste. Là c’est mon home-trainer, j’accroche ma serviette ici et c’est parti pour une 1h 30mn ! Regarde ! Mains en bas du guidon, ma meilleure position ».

En partant, nous remercions Louis pour son accueil en lui souhaitant bon courage pour ses objectifs à venir.
Merci Louis, merci d’avoir pris soin de tous ces cyclistes dont la presse relate les exploits du dimanche. Il était grand temps de te rendre hommage. Bonne retraite Monsieur Morvan. 

 

Steven MARTIN

(Sportbreizh Akademi)

 

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