• Votre courriel
    Votre mot de passe
  • Partager sur

Sportbreizh - Le site du vélo en Bretagne - Tout le cyclisme et le cyclotourisme en Bretagne

 

54 DSC 2972 3 copie.jpg
Un été de cyclisme en Bretagne
OK
4 jours de course en Bretagne pour les juniors !

Gurvan Musset

4 jours de course en Bretagne pour les juniors !

Moins d'un mois après sa course élite, l'équipe de Sportbreizh proposera la troisième édition de la sportbreizh des juniors sur quatre jours, du 14 au 17 juillet. Un tremplin pour ces jeunes de 17 et 18 ans, mais pas seulement...

Valeur éducative

Evidemment, il y aura de la course au fil de ces quatre journées et le niveau est relevé ! Mais pour les organisateurs, ce n'est pas le principal. Il s'agit avant tout de permettre aux jeunes bretons de participer à une course par étapes de qualité sur leurs terres.

Comme les élites

En pleines vacances, ils pourront ainsi découvrir l'enchainement de quatre journées sur une organisation quasiment similaire à celle des élites. Les prestataires sont les mêmes, les zones d'arrivées sont identiques, la sécurité est tout aussi réfléchie. Bref, les juniors auront tout des grands !

 

 

Difficile cette bosse de Kerpotence ! (photo de lucas Blonce Lossec)Entraide à Locminé ! (photo de Amelie Gohin)Cushway, premier junior du GP de Locminé 2022 (photo de Amelie Gohin)Déception... (photo de lucas Blonce Lossec)Plouay, non loin de Lorient ;) (photo de lucas Blonce Lossec)Le podium final de la Sportbreizh des juniors 2022. (photo de Gurvan MUSSET)
Rencontre Marie Jo Le Hir-Simon : « J’aurais aimé être dans les pelotons d’aujourd’hui ! »

Rencontre Marie Jo Le Hir-Simon : « J’aurais aimé être dans les pelotons d’aujourd’hui ! »

Marie-Jo Le Hir-Simon fut championne de Bretagne sur route en 1967. Elle regarde avec gourmandise le développement du cyclisme féminin professionnel. Les deux premières éditions féminines de Paris-Roubaix et le Tour de France Femmes de cet été lui font presque regretter d’être arrivée sur terre un demi-siècle trop tôt !

Bonjour Marie-Jo, Alors es-tu allée cet été sur le parcours du nouveau Tour de France femmes ?

Et bien non, figure-toi ! Tous les ans à bord de notre camping-car, André et moi, nous partons suivre une étape du Tour de France, le plus souvent en montagne. Alors, cette année nous avons longuement hésité entre les deux tours. Et comme nos trois nord-Finistériens, Olivier (Le Gac), Valentin (Madouas) et David (Gaudu) étaient sélectionnés dans l’équipe Groupama-FDJ, nous nous sentions obligés d’aller sur le Tour de France masculin. Nous sommes allés dans le Galibier.
Mais l’an prochain, c’est sûr, nous nous rendrons sur le Tour femmes. Par le passé, nous sommes allés voir une arrivée à la Planche des Belles Filles, le mur était impressionnant. J’aurais bien voulu voir les filles dans ce raidar. J’attends avec impatience la présentation du parcours 2023 pour choisir notre étape.

 

"C'était la débrouille. On gagnait à peine de quoi nous payer des boyaux."

 

Quel est ton sentiment sur l’évolution du cyclisme féminin aujourd’hui par rapport à ton époque ?

J’aurais bien voulu avoir cinquante ans de moins et être dans les pelotons d’aujourd’hui. Je regarde cela avec beaucoup d’envie et même si les salaires des filles ne sont pas les mêmes que ceux des garçons, elles peuvent vivre leur passion dans des bonnes conditions au sein d’équipes bien structurées, avec des déplacements bien organisés et du matériel à leur disposition.

Comment cela se passait-il lorsque tu courais ?

C’était la débrouille. On gagnait à peine de quoi nous payer des boyaux. Ma carrière a été très courte. J’ai couru en 1967, 1968 et 1969. Je faisais partie des meilleures coureuses françaises puisque j’ai été sélectionnée pour les championnats du monde sur route et en poursuite. Malgré cela, à tout juste 20 ans, il m’a fallu prendre un emploi. Je travaillais 54 heures par semaine. Dès lors, je ne pouvais plus m’entrainer. J’ai repris le vélo en 1976 et 1977 parce qu’un club, La Pédale Plouviennoise, se montait dans ma commune, sous les couleurs duquel j’ai réussi à gagner une dernière course, grâce à un coup de main de la grande et sympathique championne Elsy Jacobs.

Le Comité de Bretagne ou la Fédération ne vous aidaient pas, ne serait-ce que pour les déplacements ?
Nous étions un peu laissées à nous même. Si je commence à raconter mes anecdotes, les lecteurs ne vont pas le croire…

Raconte ! (rires)

En 1967, je prends ma première licence au VC Lannilis, Yves Leroux le président voulait créer une section féminine. C’est sa fille Annick , qui deviendra plus tard Annick Le Borgne, qui est venue me chercher. Pourquoi ? Tout simplement on me voyait rouler sur le vélo de mon frère licencié cadet au VC Lannilis ! Après quelques victoires au niveau régional, Je gagne le championnat de Bretagne sur route à Bourg-Blanc ainsi qu'en poursuite sur le vélodrome de Lesneven et nous voilà parties à quatre filles du club dans la 404 break d’Yves pour Xertigny dans les Vosges où se tenait le championnat de France sur route, les vélos sur le toit de la voiture et dans le coffre la tente et les sacs de couchage. Arrivées près du circuit, nous avons campé dans une prairie. Seule Annick avait un matelas pneumatique. L’agriculteur venait de faire les foins, alors nous avons défait des bottes qui nous ont servi de matelas. De telles anecdotes nous font bien rire aujourd’hui lorsque nous évoquons ensemble nos souvenirs, mais ce n’était peut-être pas la meilleure des préparations pour un championnat de France.

Et des comme ça, tu en as d’autres ?

Oui, quelques-unes. Nous n’avions pas beaucoup d’aide pour les déplacements. En 1968, les championnats du monde avaient lieu en Italie sur le circuit automobile d’Imola. Mes parents avaient eu la gentillesse de me prêter leur voiture, une Renault 10, pour que je puisse me rendre en Italie en compagnie de Micheline Le Moigne de Quimper, championne de vitesse. Ce fut une épopée mémorable. Les frais nous étaient remboursés en fonction de nos résultats !

L’année suivante, les Mondiaux se déroulaient à Brno en Tchécoslovaquie. C’était la première fois que je prenais l’avion, une vraie aventure ! Après avoir participé au Tour d'Auvergne par étapes, je me suis rendue à Orly où tous les sélectionnés hommes et femmes avaient rendez-vous ! Mais je n'avais pas reçu mon passeport ! Et je n'ai pas pu m'envoler avec l'équipe. Quel stress ! Daniel Morelon** m'a gentiment donné toutes les directives. Direction L’INS (Institut National du Sport, l’actuel Insep). Mon précieux sésame est arrivé 48h après.

J'ai atterri en Tchécoslovaquie le jour même des championnats sur piste qui avaient lieu en soirée. Pour me mettre encore un peu plus de stress, mon sac n’était pas à l’aéroport. Geneviève Gambillon m’a prêté une paire de chaussures qui était une taille et demi plus petite que mes pieds. J’ai couru la poursuite et l’épreuve sur route avec. J’ai retrouvé mon sac avec mes chaussures à notre retour à l’aéroport d’Orly. Il n’avait jamais été embarqué dans l’avion et tournait depuis cinq jours sur les tapis. La logistique a bien progressé depuis…

Quelles étaient la nations qui dominaient le cyclisme féminin à cette époque ?

Il y avait les Belges et les Néerlandaises qui bénéficiaient de structures déjà bien organisées qui leur permettaient de pratiquer le vélo dans de bien meilleures conditions que nous. Concernant les Hollandaises, l'hiver, elles se préparaient en compétitions de patins sur glace,  La grande championne néerlandaise s’appelait alors Keetie Van Oosten-Hage. Elle fut championne du monde en 1968, puis en 1976.

 

"Audrey est une porte-parole extraordinaire. Elle a joué un très grand rôle pour la médiatisation du vélo féminin".

 

Aujourd’hui, elles dominent toujours la discipline…

Les années passent et les Hollandaises sont toujours devant. Dans les années 90, c’était Leontien Van Moorsel. Aujourd’hui les Marianne Vos, Anna Van Der Breggen, Annemiek Van Vleuten, Lorena Wiebes dominent la discipline. L’explication est sans doute à chercher dans le développement d’équipes professionnelles féminines bien plus tôt que chez nous. Mais ça commence à bien bouger en France également. Alors peut-être que nous allons rattraper notre retard.

Quelles sont les coureuses françaises que tu apprécies le plus ?

Audrey Cordon-Ragot bien sûr. En plus d’être une grande championne, elle est une porte-parole extraordinaire. Elle sait défendre les filles. Elle a joué un très grand rôle ces dix dernières années pour la médiatisation du vélo féminin. Je lui souhaite un prompt rétablissement après son accident cérébral et qu’elle rejoigne vite le peloton.
Il y a aussi la jeune génération avec Marie Le Net qui promet beaucoup. Et puis, Il y a Aude Biannic. Nous ne nous connaissions pas. Lors d'une de mes sorties à vélo, car je continue de rouler, Aude, très reconnaissable en Movistar, m'a dépassée et Je l’ai hélée. Elle s’est arrêtée, puis nous avons roulé et papoté quelques minutes. Je lui ai envoyé un message après l’arrivée du Tour à la Planche des Belles Filles afin de connaître son braquet dans le mur. Elle montait avec un 37X33. C’est dire la dureté de cette montée. Impressionnant ! J’ai gagné le maillot qu’elle a dédicacé pour l’émission Ravito. Et Je le garde très précieusement !

Tu ne cites que des bretonnes ?

Il y a aussi la jeune Juliette Labous qui vient de finir 4e du Tour. Elle est promise à un bel avenir car elle n’a que 23 ans. Je l'ai vue lors des championnats d'Europe à Plumelec, lorsqu'elle était encore en junior . Quelle belle championne, avec tout l'avenir devant elle !

Je te signale qu’elle a aussi de fortes attaches bretonnes...

Je sais, je suis un peu chauvine. Bon, je vais rajouter nos deux VTTistes, Pauline (Ferrand-Prévost) et Loana (Lecomte). Voilà une discipline que j’aurais bien voulu pratiquer, tout comme le cyclo-cross…

 

Propos recueillis par Albert LE ROUX

 

Nos photos : Marie-Jo Le Hir-Simon en compagnie de Bernard Hinault et Joop Zoetemelk au Tour de Rance vintage (photo Denis Papin).

* Selon Christelle Henry, autrice du livre L’Epopée des petites reines bretonnes, un premier championnat de Bretagne féminin sur route s’est tenu en 1952, remportée par Denise Richard. Faute de combattantes, l’épreuve ne fut plus organisée les années suivantes avant sa renaissance en 1967 à Bourg-Blanc, épreuve qui s’est tenue sans discontinuer depuis.

** Pour les plus jeunes, Daniel Morelon est le pistard français le plus titré, huit fois champion du monde en vitesse et tandem et trois médailles d’or aux JO.

Abonnés
Le Sébaco 2022 / Le CLM

Mentions légales | Designed by diateam | Powered by diasite