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Retour à la normale: il était temps

Albert Le Roux

Retour à la normale: il était temps

Les courses officielles en peloton vont donc reprendre. Il faut bien admettre que, dans les faits, des pelotons de cyclos et cyclistes roulaient déjà. Petite carte postale de Longchamps en région parisienne...

 

Des « news » de Paname. 
Vous avez dit Covid ? 

 

Qu’est-ce qu’ils avaient écrit sur le site de la Fédé pour cause de Covid 19 ? Pas de peloton de plus de dix coureurs ? Laisser un écart de 2 mètres entre deux cyclistes ? C’est bien joli, mais lorsque 200 à 300 coureurs ont eu la même idée ce dimanche matin 21 juin, celle d’aller rouler sur le circuit de Longchamp (3,6 km) dans l’ouest parisien, il paraît difficile de faire sa propre police pour se répartir par groupes de dix.

Et puis quand ça roule à plus de 40 km/heure, lorsqu’on a pas eu le loisir de s’entretenir sur Swift pendant le confinement, et qu’on se sent un peu juste, mieux vaut coller à la roue du collègue qui est devant. Bref, difficile d’aller à l’encontre de l’ADN du cycliste. Et c’est comme cela sur l’anneau parisien depuis le 16 et 17 mai, date du premier week-end du déconfinement en Île-de-France, région pourtant classée en zone rouge, puis orange.

Mais avouons-le ! Ça fait sacrément du bien de voir un vrai peloton, d’entendre le bruits des pneus qui chuintent sur l’asphalte à la relance sur le léger faux-plat du circuit. Il ne manque plus qu’une sono, un bon animateur, et ça repart, pas seulement pour un tour, espérons-le. Mais pour l’éternité !

ALR

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Guy Roger : "Oui, Quintana a encore les moyens pour gagner un grand tour !"

Guy Roger : "Oui, Quintana a encore les moyens pour gagner un grand tour !"

Alors que s'élance un Tour de France qui devrait être animé par les coureurs colombiens, Guy Roger, ancien grand reporter de L’Equipe et spécialiste du cyclisme sud-américain, nous livre ses analyses. Ce journaliste vient de sortir "Bernal et les fils de la Cordillère", un livre référence sur le dernier vainqueur du Tour de France et sur l’histoire de ses ainés qui lui ont ouvert la route depuis quatre à cinq décennies.

Notre photo ci-dessus: Guy Roger, spécialiste du cyclisme colombien.

Tiens, on avait oublié celui-là ! Pourtant, il avait gagné une étape l’an dernier dans Paris-Nice au haut du col du Turini. Il y avait Bernal, Quintana, Gaviria, Uran, Higuita, etc., il y a désormais Martinez, de son prénom Daniel Felipe. En gagnant le dimanche 16 août le Critérium du Dauphiné Libéré (notre photo ci-dessous), un nouveau colombien est venu inscrire son nom au palmarès d’une grande épreuve internationale. Le jeune coureur de l’équipe EF Education First, entraîné par Michele Bartoli et ancien pensionnaire du Centre Mondial du Cyclisme, n’a que 24 ans. Il va falloir désormais compter également avec lui. 

Les coléoptères sur deux roues

Cette victoire dans le Dauphiné a sans doute ravivé quelques souvenirs dans les mémoires d’anciens coureurs comme Stephen Roche, Greg Lemond, Phil Anderson et aussi Bernard Hinault, tous battus en 1984 dans cette même épreuve par un certain Martin Ramirez. C’est ce coureur encore amateur, face au gratin professionnel international, qui a ouvert le palmarès des vainqueurs colombiens dans les grandes épreuves professionnelles par étapes. 


Après le Dauphiné en 1984, Martin Ramirez gagne le Tour de l’Avenir en 1985. Le jeune reporter de l’Equipe Guy Roger (à gauche) s’immisce alors près du vainqueur pour ne pas perdre une miette de l’interview réalisée par Hector Urrego, la célèbre voix de la Radio Nationale Colombienne RCN, écoutée par des millions de Colombiens. 

Tout cela est détaillé dans un livre référence, sorti il y a quelques semaines, écrit par l’ancien journaliste de l’Equipe, Guy Roger, qui depuis plus de 30 ans, se passionne pour les « escarabajos », les scarabées, comme sont appelés là-bas les grimpeurs de la Cordillère ou encore les « coléoptères sur deux roues ». Bien évidemment, c’est la victoire d’Egan Bernal dans le Tour de France 2019 qui a déclenché l’idée de ce livre de 350 pages, écrit au cours de l’hiver, avant que la Covid 19 ne vienne perturber la saison 2020. 

Un pays qui transpire le vélo

L’éditeur Solar voulait un livre sur le dernier vainqueur de la grande boucle. Guy Roger persuada sa maison d’édition que la victoire du prodige de l’équipe Ineos ne pouvait être expliquée par les seules qualités physiques, par la seule maturité mentale du coureur de Zipaquira. Cette première victoire d’un colombien dans le Tour de France est aussi, selon Guy Roger, le fruit de l’évolution du cyclisme andin sur près d’un demi-siècle.

Ce cyclisme a connu ses « hauts » avec l’arrivée des coureurs sud-américains dans le Tour de France des années 80, qui a aussi vécu ses « bas » au cours de la décennie suivante avec une baisse des résultats, faute de sponsors, victime d’une infiltration du cyclisme par les narcotrafiquants qui y voyaient un moyen de blanchir leurs revenus illégaux. Mais un cyclisme colombien qui renait une nouvelle fois en ce début de XXIe siècle avec de jeunes coureurs qui, bien entendu, grimpent toujours aussi bien que leurs ainés, habitués à s’entrainer à 3000 mètres d’altitude, mais qui savent aussi rouler, faire des temps en contre-la-montre. Bref, des coureurs qui deviennent complets et qui vivent pleinement la modernité du cyclisme actuel. 

Lucho Herrera dans le Ventoux sur le Tour 1987.

Un cyclisme unique !

Mais ce livre est bien autre chose qu’une simple explication des excellents résultats actuels du cyclisme andin. Guy Roger plonge le lecteur dans la ferveur d’un peuple passionné de cyclisme, «un pays qui transpire le vélo», comme il l’écrit. Il lui fait découvrir la vie de ces enfants pour qui le vélo constitue l’échappatoire à la misère, le moyen de s’élever dans l’échelle sociale. 

Guy Roger est allé à la rencontre de tous ces champions colombiens et, avec le temps, les langues se délient. Aussi, les 350 pages regorgent d'anecdotes sur un cyclisme unique, sur l’arrivée épique de ces coureurs dans les courses européennes et qui sauvèrent de l’ennui le Tour des années 80. Un livre de chevet idéal pour prolonger chaque soir de septembre l’étape du jour du Tour de France 2020 au cours duquel les « escarabajos » devraient encore faire merveille.

Rencontre et interview de l’auteur par Albert Le Roux de sportbreizh.

Bernal et les fils de la Cordillère, Guy Roger, préface de Luc Leblanc, Editions Solar, 350 p, 17,5€


Guy, dans votre ouvrage vous racontez toute l’histoire du sport cycliste colombien. D’où vous viennent toutes ces connaissances et cette passion pour ce cyclisme sud-américain ?

"Lorsque j’ai été embauché à la rubrique Cyclisme de l’Equipe, comme j’étais hispanophone, automatiquement je couvrais les courses espagnoles. Dans les années 80, lorsque les premiers coureurs colombiens sont arrivés en Europe, bien entendu je me suis intéressé à eux. Mon responsable de rubrique m’envoya alors suivre mon premier Classico RCN. Par la suite, je suis régulièrement retourné dans ce pays et j’y ai noué des amitiés."

On sent dans vos propos, tout au long du livre, du respect, une grande admiration pour tous ces coureurs, les anciens comme ceux de la génération actuelle !

"En effet, ces coureurs-là ne sont pas comme les autres. Ils ont, dès leur plus jeune âge, été façonnés par la Cordillère, la « madre » de toutes les générations qui leur donne cette volonté, cette dureté à l’effort. A l’entrainement, ils commencent la montée d’un col sous une chaleur de 40° et finissent là-haut avec un thermomètre qui marque 0°. 

Il y a aussi les milieux sociaux d’où ils viennent. La plupart d’entre eux ont connu dans leur enfance la misère. Le jeune Lucho Herrera se levait à 5 heures pour aller travailler dans les serres. Patrocinio Jimenez travaillait dans une mine de charbon à l’âge de 10 ans. Nairo Quintana est le fils d’un paysan pauvre. Les conditions de vie des parents d’Egan Bernal furent également difficiles. Et avec les succès lorsque l’argent rentre, ils n’oublient pas de quel milieu ils sont issus. Ils créent des fondations, financent des actions pour venir en aide aux enfants les plus démunis. Tout cela mérite un grand respect. Et si je gagne un peu d’argent par les ventes de mon livre, je verserai également les bénéfices à une association caritative colombienne. 

Un moment fort du voyage de Guy Roger en Colombie l'hiver dernier, sa rencontre avec Mauricio Soler, considéré comme un grand espoir du cyclisme colombien. Hélas, sa carrière s’est arrêtée brusquement dans une terrible chute dans le Tour de Suisse 2011. Bilan, 22 fractures et des séquelles à vie. Le vainqueur de l’étape de Val d’Isère – Briançon dans le Tour 2007 est remonté récemment sur un vélo.

Les Colombiens, il y a aussi leur simplicité, leur manière de recevoir. Pour les besoins de ce livre, j’ai voyagé en bus. Ils venaient me chercher à un point de rendez-vous. Il était hors de question d’aller à l’hôtel. Je dormais chez eux et nous partions pour de longues conversations qui se terminaient fort tard dans la nuit. J’étais dans une position tout autre que le titulaire d’une carte de presse qui vient faire son interview."

Qu’est-ce qui différencie la jeune génération de celle qui débarqua en Europe dans les années 80 ? 

"Contrairement à leurs ainés, les Bernal, Higuita, Martinez, etc, vivent avec leur temps, dans un cyclisme aujourd’hui mondialisé. Ils ont appris le vélo à l’école de la piste, du VTT. Ils sont connectés comme tous les jeunes. Ils ont leur appartement à Monaco. Les anciens logeaient dans des petits hôtels de la banlieue de Madrid et souffraient du mal du pays au bout d’une semaine de course en Europe. 

Tout en gardant les qualités de grimpeurs de leurs aînés, la nouvelle génération a appris à rouler, à faire le travail en plaine dans des équipes internationales, à frotter. Un gars comme Higuita est très à l’aise dans les bordures, c’est un coureur qui peut très bien gagner un jour le Tour des Flandres. Voir un Colombien gagner Paris-Roubaix, c’est encore autre chose."

A mon avis, Quintana est loin d’être fini. Il a encore les moyens physiques et surtout un mental pour gagner un grand tour.

A côté de tous ces jeunes qui ont moins de 25 ans, qu’en est-il de l’avenir d’un coureur comme Nairo Quintana. A 30 ans, fait-il partie du passé ?

"Il a eu raison de quitter la Movistar et de choisir une équipe comme Arkea-Samsic où il a été très bien accueilli avec son frère Dayer et Winner Anacona. Il va y trouver un nouvel équilibre aux côtés d’Emmanuel Hubert. Il connait Yvon Ledanois qui fut son directeur sportif au début de sa carrière chez Movistar.

Autre fait important, il a aussi changé d’entraineur en s’attachant les services de Michele Bartoli. Il bénéficie donc d’un tout nouvel environnement. A mon avis, Quintana est loin d’être fini. Il a encore les moyens physiques et surtout un mental pour gagner un grand tour."

Vous consacrez tout un chapitre au mal qui gangrène le cyclisme colombien, le dopage. Qu’en est-il exactement ?

"C’est très paradoxal ! Il y a les grands coureurs, leaders dans les grandes équipes World Tour qui, je le crois, sont "clean", car ils sont suivis par les staffs de leurs formations, et les autres qui courent dans des équipes continentales qui ont très peu de moyens, notamment pour contrôler leurs coureurs.

Des histoires* ont terni l’image du cyclisme colombien, par ailleurs dominateur en ce moment avec les Bernal, Quintana, Gaviria et les autres. Mais le gouvernement semble être en train de prendre les mesures nécessaires et veut même inscrire la lutte contre le dopage dans la constitution du pays. Il a pris conscience des enjeux car les coureurs colombiens sont les ambassadeurs du pays."

Propos recueillis par Albert LE ROUX, sportbreizh

 

*En 2017, le laboratoire national de contrôle anti-dopage de Coldeportes a vu son agrément  retiré par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) pour manque de garantie sur la fiabilité des tests. En juin 2019, l’UCI a suspendu l’équipe continentale Manzana-Postobon après deux nouveaux cas de dopage à l’EPO. 

Le Colombien Egan Bernal lors de la présentation des équipes du Tour 2020à Nice le 27 août.
 

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