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          • Steven MARTIN
          • Le 24/02/2020
          • Antoine comme Thomas...

          • Antoine comme Thomas...

          • Antoine avait treize ans, Thomas seize. Antoine comme Thomas, comme tous les enfants, avaient des rêves. Quoi de plus beau que les rêves d'un enfant ? Ne se rappelle-t-on jamais une fois adulte de ses rêves d'enfant ? N'est-ce pas eux qui nous rallument l'étincelle dans le regard lorsque l'on se chamaille entre amis, à vélo, sur nos routes d'enfance, alors que notre vie d'adulte nous rappelle au sérieux ? Nous nous imaginions être Richard Virenque ou Laurent Jalabert nous sommes artisan, commerçant, journaliste ou que sais-je encore ! Le dimanche matin nous quittons discrètement notre foyer pour assouvir notre passion et réveiller nos rêves de gosses. Pour un enfant justement, le deal parental est simple : Tant que l'école va tu peux faire autant de vélo que tu veux.

            À 13 ans tout est possible ! Non seulement on rêve d'être pro, mais chacune de nos sorties est dans notre tête un pas vers ce rêve. Malgré l'ambiance détendue d'une sortie entre cadets, au fond de chacun d'eux, une terrible envie de réussite. Marc Madiot aime dire que «  le jour ou l'on n'a plus cette étincelle, c'est qu'on est arrivé au bout du chemin, qu'il faut s'arrêter » Chez un cadet c'est pas une étincelle que l'on a mais un vrai feu de la Saint-Jean !  Le vélo est un sport dur, très dur.  On ne le fait pas comme ça, par hasard, par dépit. On le fait par envie, par passion, avec ses tripes même à 13 ans. Encore plus à 13 ans !  

            Antoine comme Thomas avaient cela en eux. Ils avaient ce frisson en montant sur leurs beaux vélos. Celui qui te pousse loin dans la douleur, dans la fatigue, celui qui te dit que tu progresses.

            Vous, qui en l'espace d'une semaine, voire quelques heures, pris par la fièvre de juillet, devenez « Pinotiste, Bardetiste » ou « Alaphillipien » vous auriez pu, peut-être, devenir « Antoiniste » ou « Thomasien''. Partout autour de vous, sur la route, il y a des jeunes qui chaque matin se lèvent en pensant un jour enflammer le Tour De France et le public de juillet. Ils ont ce rêve de gosse viscéralement ancré en eux.

            Vous, qui suivez, croisez , doublez depuis votre voiture, peut-être ce futur grand coureur, ayez une certitude. Ce gamin qui s'acharne sur sa bicyclette, sous le déluge hivernal ou le soleil estival, ce coureur a un rêve: Vous faire vous lever de votre canapé en juillet, vous donner le frisson par une attaque sur les pentes du Tourmalet, vous mettre la boule au ventre quand il dévalera le Galibier à 100km/h, maillot jaune vissé sur le dos et couteau entre les dents. Vous émouvoir au son d'une Marseillaise retentissante sur les Champs Elysées un dimanche soir de juillet. Ce petit cycliste, ce petit bonhomme aux mollets encore fluets et aux bras encore trop minces pour remplir les manches de son maillot XS, Ce petit garçon rêve de cela pour lui, rêve de vous offrir cela.

            Antoine comme Thomas avaient sûrement engloutis un plat de pâtes le midi. Ils étaient sûrement montés enfiler fièrement leur tenue de l' AC Gouesnou, du Team Sportbreizh ou du Team Côte de Granit Rose, puis redescendus dans la cuisine mettre du sirop et de l'eau dans un bidon aux couleurs de leur équipe préférée. Une barre de céréales et une chambre à air dans dans la poche arrière de leur maillot.

            Antoine comme Thomas avaient enfilés précautionneusement leurs casques. leurs parents les ont regardés partir, fiers d'avoir un fils qui pédale, qui fait du sport plutôt que des conneries.
             
            Antoine comme Thomas ne sont jamais revenus, Antoine comme Thomas ont été arrachés à la vie dans l'exercice de leurs rêves.
             
            Antoine comme Thomas se sont rêvés Bardet ou Pinot, ils ont rejoint bien trop vite Anquetil et Poulidor qui à coup sûr sauront leur causer de vélo en les accueillants.
            On entend souvent que la route se partage, mais je veux ici vous rappeler aussi que les rêves de gosses ne doivent pas être brisés.

            Antoine comme Thomas, NOUS NE VOUS OUBLIONS PAS .

             

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